Notre école
Gérer efficacement les comportements en milieu scolaire, c’est utiliser un ensemble de pratiques et de stratégies éducatives, tant à l’échelle de l’école que de la classe, afin, d’une part, de prévenir et de gérer efficacement les écarts de conduite des élèves et, d’autre part, de créer et de maintenir un environnement favorisant l’enseignement et l’apprentissage. Ainsi, une gestion efficace des comportements implique la réalisation d’un ensemble d’interventions préventives ou proactives permettant de prévenir les écarts de conduite des élèves, mais également le recours aux stratégies curatives ou correctives pour intervenir auprès de ceux qui manifestent des comportements d’inconduite. La mise en œuvre des interventions préventives et curatives crée un milieu sécuritaire, ordonné, prévisible et positif, tant pour le personnel scolaire que pour les élèves qui s’y trouvent, afin de permettre l’enseignement et l’apprentissage. Or, les écoles efficaces sont celles qui créent de tels milieux scolaires (Bissonnette, 2008). Par conséquent, une gestion efficace des comportements des élèves implique 2 types d’intervention, préventif et curatif, et 2 niveaux d’application, l’école et la classe.
Pour prévenir et gérer efficacement l’indiscipline des élèves dans la classe, les enseignants peuvent s’appuyer sur les interventions préventives et curatives préconisées à l’échelle de l’école. Par exemple, une école efficace dispose d’une politique claire en ce qui concerne la gestion des écarts de conduite majeurs des élèves. Dans un tel établissement, les enseignants peuvent gérer adéquatement les comportements, car les motifs pour lesquels un élève doit être retiré de son milieu d’apprentissage ont été établis précisément. L’absence d’une telle politique donne lieu à toutes sortes d’interprétations liées aux perceptions de chaque enseignant. Ce faisant, des élèves sont retirés de la classe sans motif valable ou, au contraire, ils sont tolérés en classe alors qu’ils devraient en être retirés, car ils compromettent le travail de l’enseignant et, par conséquent, l’apprentissage des autres élèves.
Le niveau « école » étant celui sur lequel les enseignants peuvent s’appuyer pour gérer efficacement les comportements des élèves en classe, nous vous accompagnerons pour planifier la mise en œuvre d’interventions préventives et curatives dans l’école. Pour y arriver, nous utiliserons un système qui a déjà fait l’objet d’évaluations systématiques afin de déterminer son efficacité. Comme l’indiquent Lapointe et Freiberg (2006, p. 2) : « Il est généralement plus avantageux pour un milieu scolaire d’adopter un programme qui a fait ses preuves et de faire les traductions nécessaires s’il y a lieu, que de consacrer beaucoup de temps et d’énergie à en développer un nouveau et risquer que ce dernier ne donne pas les résultats souhaités. »
Il s’agit du système connu sous le nom de Positive Behavioral Interventions and Supports (PBIS), qui est utilisé actuellement dans plus de 22 000 écoles primaires et secondaires étatsuniennes (Association for Positive Behavioral Interventions and Supports, 2015). De nombreuses recherches ont montré les effets positifs de ce système (Barrett et al., 2008; Putnam, Horner, & Algozzine, 2006). Le système PBIS, traduit en français par « soutien au comportement positif » (SCP), préconise l’implantation d’une approche à l’échelle de l’école qui permet d’aborder la question de la discipline de front, ainsi que de définir les comportements attendus précisément, de les enseigner explicitement (au même titre que les matières scolaires) et de les renforcer systématiquement. De plus, un continuum d’interventions est proposé afin de résoudre efficacement les problématiques comportementales et de renforcer l’acquisition des comportements préalablement enseignés. Le système a pour but d’encourager chaque école à déterminer ses propres besoins en recueillant et en analysant de façon systématique des données sur les problèmes comportementaux observés. Il fait également en sorte que le personnel travaille en équipe pour élaborer une approche cohérente et positive de la discipline dans l’école.
En résumé, une école qui utilise le SCP :
- travaille en équipe pour élaborer une approche cohérente et positive;
- détermine ses propres besoins en recueillant et en analysant systématiquement des données sur les problèmes observés;
- définit précisément les comportements attendus;
- enseigne explicitement les comportements attendus et les renforce systématiquement;
- propose à ses intervenants un continuum d’interventions pour résoudre les problématiques comportementales.
Ces stratégies sont les fondements mêmes du SCP et constituent les interventions préventives et curatives présentées dans les prochaines rubriques. Toutefois, la mise en place des différentes composantes du SCP nécessite l’établissement de conditions préalables au déploiement d’un tel système pour assurer une implantation réussie. Ces conditions sont présentées dans la rubrique suivante.
Nota bene
Dans cet onglet, les composantes du système SCP vous sont présentées successivement. Toutefois, veuillez noter qu’elles forment un tout cohérent. C’est la raison pour laquelle nous mentionnons qu’il s’agit d’un système. Ce ne sont pas les composantes prises individuellement qui expliquent l’efficacité du système, mais plutôt leur interaction. Le système SCP est constitué d’un nombre d’éléments et d’interventions dont l’efficacité a été montrée lorsqu’ils sont mis en commun. Si vous retirez l’une ou plusieurs de ces composantes, vous n’obtiendrez pas le même succès. Au mieux, vous obtiendrez des succès mitigés. Il est même probable que vous n’obteniez aucun succès. Il vous faut donc retenir que le système SCP doit être implanté dans son ensemble pour obtenir l’efficacité recherchée.

